Un permis B obtenu en 1998 donne-t-il le droit de conduire une moto ou un scooter 125 cm3 ? La réponse dépend de la date d’obtention du permis, mais aussi d’une condition de formation que beaucoup ignorent. Le cadre réglementaire a été modifié plusieurs fois depuis les années 1980, et un permis B de 1998 ne place pas son titulaire dans la même situation qu’un permis obtenu avant 1980 ou après 2013.
Ce que dit le code de la route sur le permis B et la 125
La catégorie A1, qui couvre les motocyclettes légères jusqu’à 125 cm3, est accessible aux titulaires du permis B sous deux conditions cumulatives : détenir ce permis depuis au moins 2 ans et avoir suivi une formation pratique de 7 heures dans une école de conduite agréée.
Pour un permis obtenu en 1998, la condition de durée est donc largement remplie. Reste la formation. Celle-ci n’est pas optionnelle : sans elle, conduire une 125 avec un simple permis B reste interdit, quel que soit l’âge du permis.
Une exception existe pour les titulaires ayant suivi la formation pratique de 3 heures avant 2011 : cette ancienne formation est reconnue comme équivalente, sans obligation de la refaire.
Permis B obtenu entre 1996 et 2013 : la situation concrète pour un permis de 1998
Entre le 5 juillet 1996 et le 19 janvier 2013, les préfectures n’ont plus automatiquement tamponné la case « A1 » sur les permis B délivrés. Un permis B de 1998 ne porte donc généralement aucune mention visible d’équivalence moto.
Cela ne signifie pas que le droit est absent. Il signifie que ce droit n’est pas inscrit sur le document. Le droit de conduire une 125 avec un permis B de 1998 existe, mais il est conditionnel : il s’active uniquement après la formation de 7 heures (ou la preuve d’une formation de 3 heures effectuée avant 2011).
Avant 1996, l’équivalence B/125 avait été suspendue entre 1980 et 1996, période pendant laquelle seuls les véhicules de moins de 80 cm3 à boîte automatique et limités à 75 km/h restaient accessibles. Un permis de 1998 ne relève pas de cette restriction.

Formation 7 heures moto 125 : ce qu’elle couvre vraiment
La formation pratique de 7 heures se déroule dans une école de conduite habilitée. Elle n’est pas un simple rappel de sécurité : elle porte sur la prise en main d’un deux-roues motorisé, l’équilibre, le freinage et la gestion des situations d’urgence.
- Elle peut être suivie dans un délai d’un mois avant la date anniversaire des 2 ans d’obtention du permis B, ce qui permet d’anticiper légèrement l’accès à la 125.
- Elle ne donne lieu à aucun tampon sur le permis B : à l’issue de la formation, l’école remet une attestation de suivi, qui constitue le seul justificatif officiel.
- Elle est obligatoire même pour un titulaire de permis B depuis vingt ans, si aucune formation antérieure n’a été suivie.
Cette attestation a une importance pratique souvent sous-estimée : c’est le document que l’assureur peut demander en cas de sinistre.
Droit de conduire et preuve assureur : deux questions distinctes
Les pages de synthèse sur ce sujet traitent souvent la question du droit de conduire et celle de la preuve assurantielle comme une seule et même chose. Ce sont pourtant deux questions séparées, avec des réponses différentes.
Sur le plan légal, un titulaire de permis B de 1998 ayant suivi la formation de 7 heures est en règle pour conduire une motocyclette légère. Le code de la route ne prévoit pas de mention sur le permis pour matérialiser ce droit.
Sur le plan assurantiel, la situation est différente. En cas de sinistre, l’assureur peut demander la preuve que la formation a bien été suivie. L’attestation délivrée par l’école de conduite est le seul document qui joue ce rôle. Un permis B de 1998 sans attestation ne suffit pas à prouver le droit à la conduite d’une 125.
La perte ou l’absence de cette attestation crée donc un risque concret : non pas une infraction au sens du code de la route (le droit existe dès lors que la formation a eu lieu), mais une difficulté à en apporter la preuve face à un assureur qui conteste la régularité de la situation.
Que faire si l’attestation de formation a été perdue ?
L’école de conduite qui a dispensé la formation est en mesure de délivrer un duplicata, à condition qu’elle conserve les archives correspondantes. Si l’école a fermé, la préfecture peut parfois être sollicitée, mais aucune procédure uniforme n’est prévue par les textes pour ce cas de figure. C’est une limite concrète du dispositif : la preuve repose sur un document privé, sans registre centralisé.
Cas particuliers : permis B avant 1980 et conduite entre 2006 et 2010
Deux situations dispensent totalement de la formation de 7 heures, selon les textes en vigueur.
- Les titulaires d’un permis B obtenu avant le 1er mars 1980 bénéficient d’une équivalence automatique avec la catégorie A1, sans condition de formation. Cette équivalence était inscrite sur les anciens permis.
- Les titulaires d’un permis B détenus depuis au moins 2 ans et pouvant justifier d’une conduite effective d’une motocyclette légère ou d’un tricycle L5e entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2010 sont également dispensés, à condition de produire une attestation d’assurance couvrant cette période.
Un permis B de 1998 ne relève d’aucune de ces deux dispenses, sauf si son titulaire peut produire une attestation d’assurance moto couvrant la période 2006-2010.
Permis B européen et équivalence 125 : un cas à part
Les titulaires d’un permis B délivré par un autre État membre de l’Union européenne ne bénéficient d’aucune des équivalences ou dispenses prévues pour les permis français. La formation de 7 heures est obligatoire pour tout permis B européen, sans exception liée à la date d’obtention.
Cette règle s’applique même si le permis européen a été échangé contre un permis français : c’est la date et le pays d’origine du permis qui déterminent l’obligation, pas le document final en main.
Pour un permis B français obtenu en 1998, la situation est donc claire : la formation de 7 heures est nécessaire, l’attestation qui en découle est le seul justificatif valable face à un assureur, et aucune mention ne figure sur le permis lui-même pour attester du droit acquis.

